Jeffrey Liu, President and CEO of CLNG (Center for Liquefied Natural Gas). AlloAfricaNews

Nous avons le plaisir de recevoir M. Jeffrey Liu, PDG de CLNG (Center for Liquefied Natural Gas), une entreprise internationale intéressée au développement du gaz naturel en Guinée.

 

AlloAfricaNews: M. Liu que pouvez-vous nous dire concernant les perspectives de découvrir du pétrole et du gaz en Guinée?

Jeffrey Liu: Nous avons le plaisir, nous, CLNG de travailler avec la CNOC, la compagnie nationale chinoise offshore qui est très active en Afrique de l’Ouest, au Congo, au Gabon et au Ghana. Et maintenant nous travaillons aussi en partenariat avec la CNOC en Guinée. Nous sommes optimistes sur les chances de la Guinée en raison des expériences de la CNOC en Guyane.

L’an dernier, ils ont découvert une formation appelée Liza qui est identique à celle qui se trouve en Guinée. Donc nos espoirs et nos attentes que la côte de Guinée recèle une extraordinaire réserve de pétrole sont très forts. Pour ce qui est du gaz, quand vous découvrez du pétrole, il y a du gaz qui y est associé. Et ce gaz associé au pétrole sera en général utilisé pour d’autres objectifs. C’est du gaz qui vient avec la découverte du pétrole. Nous espérons aussi qu’il y aura du gaz permanent offshore, comme ce fut le cas en Guyane.

Quand pensez-vous démarrer ce projet en Guinée et quel effet aura-t-il sur le Guinéen moyen?

Nous à la CNLG nous travaillons avec la CNOC et aussi avec le ministère des mines guinéen. Ce sont deux ministères clés qui promeuvent l’énergie provenant des hydrocarbures et aussi l’utilisation de l’énergie du diésel. Mais dans ce cas, ils se substitueraient au diésel sale et au charbon qui sont des gaz naturels. Donc, en termes de temps, ce que nous espérons c’est de pouvoir montrer que les centrales fonctionnant au mazout peuvent le remplacer par du gaz naturel.

Deuxièmement, de gros véhicules tels que des bus, des poids lourds, pourraient être convertis à peu de frais pour rouler avec du gaz naturel, moins cher et plus propre.

Troisièmement, il y a la possibilité de promouvoir pour le Guinéen moyen la conversion à bon marché de façon qu’il puisse acheter un carburant moins cher que l’essence, et nous serons capable d’avoir entre 50 à 60% de voitures normales fonctionnant au gaz naturel. Ce sont des conversions peu coûteuses et efficaces à travers le monde.

Enfin, il y a l’usage domestique : pouvoir utiliser le gaz naturel pour cuire, faire bouillir l’eau, fournir de l’électricité à bon marché de façon ininterrompue dans les foyers. Voilà ce que nous anticipons. Et les Guinéens devraient se réjouir de ce développement car nous avons la chance d’avoir d’énormes réserves de gaz naturel le long de la cote. Je pense que c’est ce que nous prévoyons en collaboration avec la CNOC et le gouvernement guinéen, nous espérons pouvoir démarrer le programme Sharwan Q1 l’an prochain afin de pouvoir identifier les ressources potentielles et aussi découvrir des gisements conséquents pour le pays.

Combien de compagnies sont engagées dans ce projet et quel est le rôle joué par le gouvernement guinéen?

Mr. Jeffrey Liu with Dr. Mima Nedelcovich and Ambassador Patricia Moller on April 27, 2018, in Washington. AlloAfricaNews

Oui. Je pense que c’est un intéressant exemple de mariage Est-Ouest. La Guinée a la grande chance d’avoir des ressources naturelles. Nous avons la compagnie chinoise du pétrole offshore. Ils font partie de nos partenaires pour l’exploration du pétrole en Guinée. Bien sûr, nous avons Sio qui est une société basée à Hong Kong. Donc nous travaillons étroitement avec des entités chinoises et des entités étrangères. Nous travaillons également avec une société financière canadienne du nom de Matri Watson. Ainsi nous avons un capital canadien qui nous soutient. Nous travaillons aussi avec le gouvernement américain, par l’intermédiaire de son ambassade en Guinée qui soutient énormément ce que nous faisons ici. Vous savez aussi que le gaz naturel sera transporté par une compagnie maritime américaine.

Vous avez donc un élément américain, un de Hong Kong, un de Chine, et aussi un du Canada. Mais ce ne sont que des ingrédients. Le produit final se trouve en Guinée, car comment allons- nous transformer la bauxite avec son encrassage en produit de valeur exportable, comme l’alumine ou d’autres formes d’alumine et de produits. Vous avez besoin d’énergie. Comment voulez-vous ajouter de la valeur à des produits agricoles, si vous voulez pasteuriser par exemple des tomates, de la pate de tomates. Comment voulez-vous griller des noix de cajou, denrée qui se vend à l’échelle mondiale. Tout cela requiert de l’énergie. C’est pourquoi nous croyons qu’il nous faut trouver un label permanent pour la Guinée. Le gaz naturel est critique. Ce que nous faisons maintenant est un jalon vers une solution permanente.

Ce que nous prévoyons est l’arrivée de la prospérité avec le gaz naturel et la transformation industrielle. Nous pouvons voir les effets sur le PIB, plus d’emplois, plus de richesse.

Les gens aiment comparer la Guinée au Ghana, mais je crois qu’elle pourrait être le Ghana (2.00). Deux points zéro, en mieux. De plus, vous n’avez pas les difficultés initiales de l’industrialisation, pas de fioul sale. Le gaz naturel est 60% plus propre que les autres diesels. Je crois que c’est le moyen de développer de façon consciencieuse et environnementale le pays.

Propos recueillis par Alsény Ben Bangoura

Interview with Jeffrey Liu: CEO of CLNG on the prospects for oil and gas development in Guinea. English Version

M. Liu merci de nous avoir reçu