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Des médias égyptiens et des internautes célèbrent lundi le « pharaon d’Hollywood » Rami Malek, l’acteur américain d’origine égyptienne ayant reçu la veille l’Oscar du meilleur acteur pour sa performance dans « Bohemian Rhapsody ».

« La montée sur le trône du cinéma international » ou encore « Chasseur de récompenses » ont titré des médias locaux. Rami Malek avait en effet déjà raflé un Golden Globe aux Etats-Unis et un BAFTA au Royaume-Uni pour son interprétation de Freddie Mercury, leader du groupe mythique Queen.

Le qualifiant parfois de « pharaon d’Holywood », la presse a relevé un extrait du discours de l’acteur de 37 ans, dont la famille est originaire de Moyenne-Egypte. « Je suis le fils d’immigrants égyptiens », a-t-il déclaré dimanche à Hollywood.

Dans un village de Minya, dans le centre de l’Egypte, la famille de Rami Malek dit avoir veillé jusqu’à l’aube pour voir le sacre d’un des leurs.

« Nous avons appelé sa mère pour la féliciter et lui dire d’emmener (Rami Malek) ici pour qu’on lui organise une fête », a raconté à l’AFP son cousin de 24 ans, Fadi Essam.

Dans un communiqué, la ministre de l’Immigration et des Egyptiens de l’étranger Nabila Makram s’est félicitée du fait que Rami Malek ait exprimé « sa fierté d’être d’origine égyptienne ».

Les réseaux sociaux ont également été noyés par des flots de hashtags avec le nom de l’acteur, en arabe comme en anglais.

« C’est vraiment magnifique qu’un Egyptien (…) obtienne l’Oscar du meilleur acteur », se félicite un internaute sur Twitter.

Certains, pourtant, ne comprenaient pas un tel engouement. « Les médias s’enthousiasment pour n’importe quoi », a déclaré à l’AFP Hossam Ahmed, propriétaire d’un magasin de téléphonie mobile au Caire.

La presse égyptienne, qui n’évoque presque jamais la crise économique ou les violations des droits humains dénoncées par les ONG, assure une large couverture aux exploits des vedettes égyptiennes à l’international, comme Rami Malek et surtout le footballeur Mohamed Salah.

Le film « Bohemian Rhapsody », qui retrace la vie d’une icône gay, est rarement évoqué par la presse, dans ce pays conservateur où les scènes évoquant la sexualité de Freddie Mercury ont été coupées.

En 2017, les autorités avait interdit aux médias « de montrer des homosexuels ou de promouvoir leurs slogans ».

« Les autorités et les personnalités des médias continuent de se livrer à des commentaires haineux », a expliqué à l’AFP Neela Ghoshal, chercheuse à Human Rights Watch.

Si l’homosexualité n’est pas expressément prohibée dans le pays, la communauté LGBT est régulièrement prise pour cible par les forces de sécurité et plusieurs personnes ont été condamnées, notamment pour « incitation à la débauche ». AFP

 

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